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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 18:58
Au retour d'un long et lointain voyage, je découvre cet article de Marie-Claude Decamps et Cécile Chambraud sur ETA et ses clandestins (Le Monde daté du 7 mars).
L'étude paraît tout à fait juste dans ses grandes lignes, mais très "datée", et particulier en ce qui concerne l'organisation cloisonnée de ce groupe terroriste.
L'enquête laisse penser que la structure organisationnelle actuelle est récente, or sa refonte remonte au moins à la fin de 1999 et au début de 2000, à l'époque d'"Inaki de Renteria", de "Baltza" et de "Txapote". Elle s'est ensuite formalisée en 2005, après les coups de boutoir que subit ETA tout au long de l'année 2004.
En 2000, la restructuration commence par un "mariage", une mixité des commandos "légaux" (les non fichés par la police) et "illégaux" (dont la plupart se sont enfuis en France). Alors que les tâches étaient bien segmentées entre les deux branches (les premiers font de l'information, du repérage ou prêtent des voitures et louent des appartements en Espagne; les seconds sont les tueurs ou poseurs de bombes), elles commencent à s'indifférencier à partir de cette époque.
La raison en est double et les deux auteures de l'enquête l'indiquent bien : déjà, à cette époque, le recrutement est de plus en plus aléatoire et les vocations diminuent;  et l'action policière a tendance à tarir les sources; face à cette situation, les chefs d'ETA décident de "serrer les boulons" et de réduire les risques en limitant les effectifs opérationnels.
Le phénomène ira en s'accentuant pendant les premières années de la décennie 2000 : devant l'hémorragie dans les rangs de l'organisation causée par les services antiterroristes, les responsables vont multiplier les mesures de sécurité, abandonnant même parfois à leur sort des semi-clandestins, coupant les ponts pour éviter les effets dominos causés par les arrestations. La découverte, à Bergerac et à Tarbes, en 2002 et 2003, des archives de "Susper", va conduire à durcir ces mesures.
C'est à cette époque que des commandos sont presque livrés à eux-mêmes et ou le rajeunissement des effectifs et le manque de formation (et de sang froid) conduisent certains d'entre eux à tirer sur des gendarmes dans le sud-ouest de la France. Le phénomène ne date donc pas d'aujourd'hui.
Pas plus que la formation et la méthode d'action des ces commandos : ils n'ont jamais, de tout temps, été plus de deux ou trois à intervenir en Espagne et à revenir ensuite en France. Deux ou trois, c'est le "gabarit" d'un commando type. Et trois ou quatre, c'est le "gabarit" d'un "stage" ou d'une formation dans la réserve.
L'article du Monde indique qu'ils sont "un peu moins de 300 dans cette réserve". C'est faux, ou ce chiffre résulte d'une faute de frappe et d'un zéro de trop.
En 2007, les services de la lutte antiterroriste estimaient que les commandos installés en "réserve" étaient au nombre de trois et que le nombre des "illégaux", vivant donc clandestinement, sous de fausses identités, en France, étaient d'une quarantaine. Ce qui signifie que la "réserve" ne comprend que 10 à 12 clandestins en formation (maniement des armes, installation des systèmes de mise à feu sur les explosifs, vol de voitures) et que l'effectif etarra clandestin en France ne dépasse pas aujourd'hui la centaine de personnes.
Les auteures de l'enquête ont toutefois certainement raison de dire que les responsables militaire, logistique et politique d'ETA ont structuré leurs commandos autour de missions précises : l'attentat (à la bombe ou à l'arme à feu, avec l'aide de légaux dans les provinces basques, ou par leurs propres moyens, ailleurs), ou de façon ciblée, avec des commandos "spéciaux", lorsqu'il s'agit de braquages d'entreprises spécialisées dans les produits nécessaires à leur entreprise de mort (explosifs, matériels d'imprimerie, armes, etc.).
Elles me semblent par contre se tromper lorsqu'elles parlent de la base découverte à Cahors le 1er septembre 2007, où se trouvait le nouvel artificier de l'organisation, "Lucas". Elles indiquent qu'elle cumulait "plusieurs activités, ce qui n'est pas habituel". Eh bien si, lorsqu'il s'agit, comme c'était le cas, de la base logistique de l'appareil militaire. 
L'appareil militaire possède en effet une branche logistique (son intendance immédiate, en quelque sorte) qui permet de mettre de la distance avec l'appareil logistique proprement dit. C'est ce dernier qui, notamment, approvisionne l'appareil militaire. Trop de proximité, trop de porosité risquerait de fragiliser cet appareil logistique qui reste la clef de voute de l'organisation : sans lui, ETA n'est rien.
Et puis, pour finir, pourquoi ne pas dater le texte de Sanchez del Arco. Cela permettrait de dire qu'il n'y a vraiment rien de nouveau sous le ciel d'ETA.
Il date de novembre 1996, alors qu'elle se cache avec "Karpov" Juan Maria Insausti Mugica dans la région de Bordeaux. Tous deux ont reçu à deux reprises la visite d'un "stalinien" de l'organisation, mis en place, faute de mieux, par "Inaki de Renteria", à la tête de la logistique. Il a été raparié d'Amérique latine pour pallier les vides de l'organisation après l'arrestation de "Pototo" et du français Daniel Derguy. Il ne connaît rien à la vie clandestine qu'endurent les membres d'ETA et les soumet à une quasi-inquisition. Cela va d'ailleurs provoquer le suicide, à moitié réussi-raté de "Karpov", sous les yeux de Del Arco.
Là encore, les procès d'intention, les problèmes d'argent, ou les critiques (dans son journal, l'etarra, évoque même les confidences d'"Anboto" qui lui confiait avoir souffert "dans l'organisation plus que dans n'importe quel autre endroit"), ne datent pas d'aujourd'hui.
Tout cela pour dire qu'ETA est dans une situation de grande faiblesse. Aujourd'hui. Comme en 1992, quand elle perdit d'un seul coup sa direction. Comme en 1996. Comme en 2000. Comme en 2004. A chaque fois que son appareil logistique, mais aussi politique, ou plusieurs de ses branches militaires ou autres, furent démantelés...Comme en 2008, certainement, si l'on poursuit cette règle de "tous les quatre ans", quand, un jour ou l'autre, on trouvera l'endroit, la cache, le zulo, où se fabriquent ses explosifs, ou se cache "Txeroki", ou Josu Ternera lire lee ficelles et ou "Thierry", Francisco Javier Lopez Pena, fait ses achats...  

 
Par chag - Publié dans : actualité
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Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 15:05

A Bayonne, Baiona Berria se présente aux prochaines élections municipales comme la seule opposition crédible au maire sortant. Elle se présente comme une liste abettzale de gauche, écologiste, altermondialiste, féministe. Son programme, tel qu'il apparaît dans La Semaine du Pays basque (24-30 janvier 2008) est de soutenir l'euskara, la crèche bascophone, l'égalité homme-femme, l'habitat social.

La liste est abertzale de gauche, elle est gauche abertzale. Elle regroupe des nationalistes radicaux (Batasuna) et des nationalistes modérés (AB). On voit bien ce qui est de gauche (l'égalité hommes-femmes, le logement social). On distingue moins bien ce qui est abertzale.  La langue et la crèche bascophone ? Dans d'autres villes, la droite a soutenu de telles revendications, sans pour autant mériter d'être qualifiée de patriote.

Alors, qu'est-ce qui est patriote (abertzale, dans le texte) dans cette liste ? La défense d'un département basque ? La revendication d'autonomie ou d'indépendance d'un pays basque ? La défense des prisonniers politiques ? Une demande de référendum ? Une sympathie pour les assassins de l'ETA ? Silence.

On se perd en conjectures. Ou bien les abertzale de gauche n'ont rien dit, ou bien la journaliste n'a rien entendu. Ou bien la journaliste ne leur a pas posé de questions, ou bien ils n'ont pas entendu les questions. Dans tous les cas de figure, le lecteur reste sur sa faim : en quoi la liste est-elle abertzale ?

 

Par Maurice Goldring - Publié dans : politique
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 15:07

Ce samedi 29 décembre, Batera était venu faire signer sa pétition en faveur d'un référendum sur un département Pays basque à l'entrée de l'Intermarché de Bidart. Cinq ou six personnes, badge au revers, tablette et pétition à la main. Pas de quoi fouetter un chat à première vue...

Sauf l'insistance, la sollicitation systématique, à l'entrée des lieux; puis l'accompagnement pendant quelques mètres, le long du cheminement jusqu'à la voiture. Une réponse négative entraînant automatiquement un début d'argumentaire cherchant à emporter l'adhésion sur le thème "mais quoi de plus démocratique qu'un référendum ? Vous n'êtes pas d'accord ? ". Bref, du harcèlement. Pas agressif; façon assurance tranquille et souriante; mais trop présente pour ne pas être pesante à la longue. A la façon des nationalistes basques modérés et départementalistes. On leur donnerait le bon dieu sans confession; ils nous donneraient l'enfer sans concession.

Le pire, c'est leur manière sympathique, curaillonne et faux-cul d'aborder le touriste pour leur faire signer un papier qui ne mange pas de pain (béni, bien sûr) et dont le paraphe leur vaudra l'absolution , l'assurance tout risque qu'ils ne les auront plus sur le dos quand ils rempliront leur coffre des emplettes qu'ils viennent d'effectuer.

Le pire, donc, c'est cette façon rampante, insidieuse de faire adhérer à une idée à la pointe du stylo, au moment où on s'y attend le moins, où on a autre chose à faire qu'à discuter avec un type d'ELB ou un élu d'AB, où on en a rien à cirer d'un département 64bis, à la pointe du stylo qui ressemble fort à la pointe d'un couteau. Malgré le sourire. Surtout à cause du sourire...

Le pire, c'est qu'un magasin comme Intermarché accepte que des groupes politiques viennent ainsi à sa porte faire la quête, leur marché aux idées, violant plus ou moins des consciences. Que ce même magasin héberge la Banque alimentaire, le Secours populaire, la Croix Rouge et autres associations pour leurs campganes humanitaires, bravo, mille fois bravo. Mais qu'il se soumette à Batera, à Batasuna, AB et autres nationalistes (n'oublions pas les Verts, les cédétistes et autres socialistes et udf qui adhérent individuellement à cette campagne de pré-réunification avec le pays basques espagnol) est inquiétant, voire scandaleux.

Sa direction a-t-elle eu peur ? S'engage-t-elle délibérement ainsi dans cette campagne ? N'est-elle pas informée ? Faudra qu'elle le dise, parce qu'il y a de ses clients qui ne sont pas d'accord avec cette attitude ou cette politique. Faudra-t-il recourir au boycott pour mieux lui faire comprendre ?

Qu'Intermarché-Bidart vende du jambon basque et de l'ardi gasna, c'est trés bien et ce serait un peu fort de café qu'il ne le fasse pas. Mais qu'il serve de support à une campagne pro-nationaliste, ça change tout. Car il n'y a pas qu'Intermarché-Bidart sur la place.

Par chag - Publié dans : politique
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 09:21

On a cru comprendre un temps que les socialistes de Bayonne n'auraient pas été adversaires de discussions, voire de négociations, avec les abertzale locaux dans la perspective des municipales de mars 2008. Du moins était-ce ce que la tête de liste, Philippe Pouymayou, avait laissé percer dans diverses déclarations à la presse locale, ces derniers mois.

Il semble bien qu'il n'en sera rien puisque Abertzalen Batasuna, EA et Batasuna (sans le PNV, donc) ont fait état de leur intention d'aller au combat municipal ensemble. "La question d'une alliance avec les abertzale ne se posent de facto donc plus, disent en substance les socialistes bayonnais. De toute façon, la présence de Batasuna excluerait en soi une quelconque alliance". Ouf, cela rassure un peu de voir le PS bayonnais refuser d'enviager une quelconque alliance ou accord avec des nationalistes basques de Batasuna qui se refusent à condamner ETA et s'en font ainsi les complices objectifs. C'est en effet bien la moindre des choses.

Vrai aussi que cela aurait été intéressant de voir comment le PS aurait conclu un accord avec les autres, AB et EA; sur quelles bases; sur quel programme commun; sur quelle plateforme il aurait négocié un désistement entre les deux tours.

Mais de tout ceci, il ne sera donc pas question. A moins qu'il ne soit peut-être encore un peu trop tôt pour le dire.

Par chag - Publié dans : politique
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Vendredi 31 août 2007 5 31 /08 /Août /2007 09:02

On trouve des choses drôles ? affligeantes ? intéressantes ? dans l'édition de Sud-Ouest Bayonne, au propos de tout ce qui touche aux "questions basques".

Par exemple à propos de cette recherche permanente d'identité de la part, à propos de ceux qui vivent ou passent dans la région. Et ça devient la plupart du temps un remake d'à la recherche du temps perdu ou passé, à savoir, la "recherche des racines".

Ainsi de Raphaël Tambyeff, organiste de renom, qui passait jeudi 30 août, à Bayonne. Sud-Ouest le gratifie d'un petit encadré où le journal part à la recherche des "racines basques" du musicien caucasien (car chacun le sait, on voudrait qu'il y ait des parentés entre le Caucase et  le pays basque, via la langue).

Bref, le journaliste de Sud Ouest, à défaut de pouvoir lui trouver un patronyme sonnant bon le terroir, type Tambyeffegaray, nous annonce qu'il est né à Biarritz, d'une famille de russes blancs fuyant les bolcheviques et installée sur la côte basque comme beaucoup d'autres; qu'il y a passé sa jeunesse et qu'il a obtenu à 16 ans son premier poste d'organiste à Anglet. Avant de partir comme beaucoup d'autres à Paris.

Mais non, mon vieux ! Ca ne vous donne pas des "racines basques" que de naître à Paris. Ca vous donne des attaches, un point c'est tout, des souvenirs et, à l'occasion, du goût pour l'endroit. Mais rien d'autre. Ou alors, faut vraiment être en manque de beaucoup de choses pour chercher et trouver des "racines" partout où le hasard vous a posé. 

Par chag - Publié dans : politique
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