Vendredi 11 avril 2008
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Les dernières élections municipales au pays basque ont fait apparaître un recul des nationalistes sur la scène politique locale. Ils ont perdu leur "label" municipal avec la défaite de la droite -à
laquelle ils été associés depuis six ans- à Anglet et ils ont régressé en nombre de suffrages et en pourcentage à Bayonne où, du même coup, ils ont perdu leurs deux élus d'opposition de 2001.
A Biarritz, ils ont marqué un réel retour en force si l'on s'arrête aux résultats de la liste menée par Peio Claverie. Un résultat en trompe-l'oeil toutefois si l'on veut bien considérer que nombre
de voix de gauche lui ont apporté ses suffrages. Par défaut, faute d'avoir pu trouver dans la liste socialiste une véritable occasion de faire progresser des idées, un progamme et une véritable
ambition.
Et puis, il y a eu aussi la perte de ce siège symbolique de Saint-Etienne-de-Baïgorry où le seul élu abertzale (ce ne fut que pour un mandat) a été nettement devancé par la droite.
La gauche va devoir toutefois se poser des questions sur ses futures alliances. Une fois évacuée la tendance Batasuna, celle qui se refuse à condamner les assassinats d'hommes de gauche -comme de
droite- par ses copains d'ETA, la gauche socialiste et progressiste devra bien un jour ou l'autre se demander comment, à quelles conditions, sur quel programme d'action, elle pourra faire alliance
avec AB et EA (cela s'est fait cette fois-ci à Bayonne) pour faire basculer des communes qui ne demandent que cela.
Ce sera le cas à Bayonne où, seule, la gauche socialiste et communiste est minoritaire. Quand, comment, à quelles conditions, sur quels principes, le PS va-t-il se décider à parler avec AB de ce
qui peut les rassembler et les faire agir ensemble ?
Ce sera le cas à Biarritz où il faut enfin faire comprendre aux électeurs qu'il y a d'autres solutions que cette alliance de façade, de complaisance, entre des politiciens professionnels, des
copains de droite et des nationalistes trop contents, adoubés qu'ils ont été, d'être institutionnalisés, des nantis et des parvenus de la politique, des gardiens d'un temple qui ressemble trop à
une boutique. Il devrait y avoir en face des hommes de gauche réunis, qu'ils soient socialistes ou nationalistes et qui parlent d'une seule voix pour proposer autre chose à une ville qui ne vit pas
que de paillettes.
Les cas d'Urrugne -où seules 27 voix ont séparé la liste de droite de celle de la gauche et des nationalistes d'AB- et d'Ustaritz sont peut-être les prémices de quelque chose qui bouge au pays
basque.
On ne sait pas si c'est la solution. Ce que l'on sait, c'est qu'il faut en parler et y réfléchir.
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